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Manifestations militaires
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La Promenade des Platanes, des revues militaires aux hommages
rendus au sacrifice des soldats

La création de la Promenade des Platanes en 1809 coïncide avec une importante présence de militaires au sein de la place forte qu’est Perpignan. En effet, la garnison occupe une place essentielle dans la vie urbaine, « Perpignan reste avant tout une place de guerre... et la ville est le centre d’un mouvement continuel de troupes, de soldats isolés, de convois... »(1). C’est avec l’accord du Ministère de la Guerre que le terrain du glacis est aménagé en promenade publique : alors, les revues des troupes s’y déroulent, les musiques des régiments y donnent régulièrement des concerts tandis que les militaires y flânent, à quelques pas de leur caserne.
L’autorité militaire est omniprésente et menace, par exemple, en 1862(2) de priver la promenade du concours de la musique militaire si la ville n’améliore pas l’éclairage de l’emplacement qu’elle occupe ; tout projet de modification ou d’embellissement entrepris par la ville est soumis à une souscription du Génie militaire : ainsi, en 1892, Élie Delcros(3) désireux d’organiser un square à la promenade des platanes installé sur le terrain militaire, s’engage-t-il à « remplir toutes les conditions imposées par décision ministérielle, et à rétablir l’état primitif des lieux et ce, à la première réquisition de l’autorité militaire, le tout, et quelles que soient les circonstances qui provoqueraient cette mesure, aux frais de la Ville...(4) »
À la fin du XIXe s., la Promenade devient le lieu privilégié des commémorations  et les trois monuments aux morts qui y sont érigés successivement sont autant de jalons qui balisent la chronologie des actes commémoratifs.
En 1895, le « Comité  pour l’érection d’un monument à la mémoire des officiers et soldats morts durant la guerre de 1870-1871 [soucieux de s’] associer au paiement d’une dette sacrée(5) »  organisa de grandes fêtes (dont un concours fédéral de gymnastique) lors de l’inauguration de l’oeuvre de Belloc, en présence du Ministre des Travaux Publics.
C’est en novembre 1924 que le Monument départemental aux Morts de la Première Guerre mondiale réalisé par Gustave Violet fut inauguré(6), permettant « [aux] Roussillonnais [de rendre] un pieux hommage à leurs 8 400 morts glorieux, dans l’union et le recueillement(7)». Amputée de deux grilles monumentales à la fin des années 50, cette oeuvre surplombe une large esplanade sur laquelle se déroulent, aujourd’hui encore, la plupart des manifestations commémoratives. À moins d’une centaine de mètres, le Monument à la Résistance et à la Déportation, oeuvre du sculpteur Marcel Gili et de l’architecte Cyprien Lloansi, érigé en 1970 en accueille également.


(1) Le Pays catalan / dir. Jean Sagnes. Pau, Société nouvelle d’éditions régionales et de diffusion, 1983-1985. 2 vol.
(2) 1D1/ 15, DM du 4 juillet 1862, Archives municipales, Ville de Perpignan.
(3) Élie Delcros, maire de Perpignan (16 fév. 1890-15 mai 1892).
(4) 1D1/ 26, DM du 13 février 1892, Archives municipales, Ville de Perpignan.
(5) Série I 41, Archives municipales, Ville de Perpignan.
(6) En présence de Victor Dalbiez, alors Ministre des régions libérées.
(7) In : L’Indépendant des Pyrénées-Orientales, 3 novembre 1924.

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