Vingt décennies de manifestations et de commémorations patriotiques
sur la Promenade des Platanes
Les nombreuses célébrations républicaines qui jalonnent l’histoire nationale se sont souvent tenues sur la Promenade des Platanes dont l’importante superficie permettait de présenter des revues militaires mais aussi d’y faire évoluer dans divers exercices une importante frange de la population scolaire.
Ainsi le centenaire de la Révolution Française se déroula-t-il en partie sur la Promenade le 5 mai 1889, avec retraite aux flambeaux en matinée et concert militaire du 12e de ligne l’après-midi. Mais la fête ne fut pas aussi brillante qu’attendu et les Perpignanais ne manquèrent pas de regretter, outre une météo maussade, l’absence de revue le matin « car ce spectacle militaire en dehors de la patriotique impression qu’il laisse toujours dans les esprits, commence à mettre dès le matin la population en mouvement et à la disposer favorablement pour le reste de la journée » (1).
C’est le 4 septembre 1920, après qu’un « appel à la population républicaine fut lu à chaque carrefour », que débuta la célébration du Cinquantenaire de la IIIe République. Après l’interprétation de la Marseillaise par l’Harmonie et les discours en mairie, c’est « à la Promenade des Platanes, où les flots de lumière électrique se répandaient à torrents sous la voûte des arbres, [que l’]on avait organisé des danses publiques et gratuites. Elles furent très animées, au milieu d’un nombreux public »(2). Quelques mois auparavant, c’est la programmation de la fête nationale du 14 juillet qui eut la Promenade pour cadre avec la célébration d’une fête sportive confiée au Comité Roussillonnais d’Éducation Physique, soutenu dans sa tâche par l’Harmonie de Perpignan, la société de gymnastique La Roussillonnaise et l’U.S.P.(3). Un bal populaire puis l’illumination de la grande allée des Platanes vinrent clore cette manifestation.
Une décennie plus tard, c’est un fervent hommage qui est rendu à Jules Ferry, « promoteur de l’école laïque », à l’occasion du centenaire des lois de juin 1881 (et mars 1882) instituant la gratuité, la laïcité et l’obligation de la scolarisation. Pour ce faire, les allocutions des personnalités intervinrent après un hommage aux morts de la Grande Guerre, des démonstrations de gymnastique, des chœurs et des mouvements d’ensemble « devant un immense parterre de jeunes enfants… »(4).
(1) In : L’Indépendant des Pyrénées-Orientales, 6 mai 1889.
(2) In : L’Indépendant des Pyrénées-Orientales, 5 septembre 1920.
(3) Union Sportive Perpignanaise
(4) In : L’Indépendant des Pyrénées-Orientales, 15 juin 1931.
|